En France, 10 espèces connues et recensées sur 2000 !

Vous en voyez toujours, des ver luisant ?

Une campagne nationale de recensement a démarré le 11 mai 2015, dans le sillage des signalements effectués sur les îles bretonnes depuis l’année dernière

Le chercheur au CNRS Marcel Koken (Labocea, à Plouzané), spécialiste des protéines fluorescentes dans le monde animal, s’est personnellement investi dans cette grande enquête nationale de signalement des vers luisants. Il avait déjà soutenu le recensement initié l’année dernière sur les îles bretonnes. Il appuie, cette année, l’enquête étendue au continent pour mieux connaître la répartition et le type d’espèces présentes en France. Celui dont les recherches trouvent de multiples applications dans le monde médical s’intéresse également à ce ver luisant dont la signature génétique ou les caractéristiques ne sont plus à explorer. Cette enquête va permettre d’en savoir davantage sur leur répartition et sur les dix espèces répertoriées en France.

 

Espèces inconnues ?

« On peut tout à fait imaginer qu’il en existe des espèces inconnues. On a également beaucoup de chose à apprendre sur ses comportements et habitudes. On sait que c’est la femelle qui luit, une trentaine de minutes après le coucher du soleil, afin d’attirer le mâle (bien plus petit). On sait qu’il s’agit d’un redoutable prédateur, capable de manger un escargot ou une limace tous les trois jours ! On retrouve le ver luisant dans les herbes plutôt hautes et dans des zones relativement humides. Sa présence est significative d’un environnement de qualité, les polluants de jardin ayant des conséquences dramatiques sur les populations de vers luisants. On pense également qu’ils sont plus nombreux et plus imposants dans les zones les moins impactées par l’éclairage artificiel. Justement, les éclairages solaires de jardin ne facilitent pas la vie des vers mâles, qui tournent inlassablement autour de ces sources de lumière made in China sans réussir, évidemment, à s’accoupler. Où l’avez-vous vu, combien en avez-vous trouvé, à quelle heure, à quelles coordonnées GPS ? Les noctambules vont pouvoir mener l’enquête et partir à la recherche des dix espèces françaises de vers luisants et de l’espèce unique de luciole répertoriée en France, l’insecte que l’on trouve plus facilement autour de Nice et de la frontière italienne.

 

84 associations dans la boucle

Pas de problème pour le manipuler, le ver luisant, posé dans la main, s’arrête immédiatement de scintiller, avant de remettre en route son complexe système d’éclairage dans la minute. Doté d’un redoutable poison capable d’immobiliser ses proies rampantes, le ver luisant est parfaitement inoffensif pour l’homme. Quatre-vingt-quatre associations de naturalistes ont embarqué dans l’aventure. Elles seront chargées de rapporter aux chercheurs les spécimens les plus rares et les espèces encore non répertoriées. Alors, avis aux amateurs de petites et étonnantes lumières nocturnes naturelles.

 

Source : © Le Télégramme – À la recherche des petites lumières

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